MÈRES PORTEUSES

MÈRES PORTEUSES

Rencontres avec les mères porteuses à Kiev

Dans le cadre de notre semaine à Kiev, nous avons pu passer une journée avec DariaVeronica et Olena. Pour la première fois depuis que nous aidons à réaliser des programmes de GPA, nous avons pu réellement faire connaissance avec ces femmes qui consacrent 9 mois de leur vie à aider à en créer une autre, parfois deux et surtout à réaliser le rêve de nombreux couples, devenir une famille.

“Ces femmes qui consacrent 9 mois de leur vie à aider”

La première réaction a été de nous sourire, mais avec réserve, elles savaient que nous représentions les parents biologiques des enfants qu’elles portaient, peut-être étions nous là pour les surveiller ?

Puis elles ont vu que nous étions là pour les rencontrer, pour voir où et dans quelles conditions elles étaient suivies pendant leur grossesse, car si elles portent vos enfants, c’est bien leur grossesse qu’elles vivent.

Et elles y font attention à cette grossesse, elles s’inquiètent des battements de cœurs, de mesures, des analyses. Comme elles nous disent, elles s’inquiètent (et certaines, même leur mari) encore plus que pour leurs propres enfants… C’est une telle responsabilité !

Sorties du centre médicale, Olena et Veronica ont du temps, la première ne récupère sa fille de 6 ans que plusieurs heures plus tard, la seconde a un BlaBlaCar dans l’après-midi, du coup nous leur proposons de les inviter à déjeuner, en compagnie d’Anya, leur ange gardien et Alena, celui des parents d’intention. Nous profitons de ce moment convivial pour faire plus ample connaissance, Veronica a 25 ans, elle est maman de deux enfants, mariée et heureuse de l’être.

Elles écoutent toutes les recommandations de leur médecin Mariana Dvulit qui les reçoit avec bienveillance, les rassure, leur laisse son numéro de téléphone privé au cas où.

Dans le contexte économique actuelle, son programme va changer le quotidien de la famille, ils seront bientôt propriétaires car comme presque chaque femme dans son cas, elles souhaitent acheter un appartement ou une maison. Mais ce n’est pas l’unique raison, elle aime être enceinte ! Si elle pouvait elle aurait 10 enfants nous dit-elle !

Olena est plus réservée, récemment séparée, sa vie tourne autour de sa petite fille qu’elle a décidé de mettre à l’abris d’un papa revenu du front, malheureusement transformé.

Elle travaille avec des enfants aussi, assistante scolaire dans une maternelle, elle nous montre les photos des spectacles, de la cour, de la classe et des dizaines de photos de sa fille.

Nous lui demandons comment elle lui a expliqué la situation et Olena nous répond que sa fille comprend très bien, ce bébé n’est pas sa petite sœur, mais la petite fille d’un couple qui ne peut pas l’avoir sans son aide.

Elle aime venir toucher son ventre et sentir les coups de pieds du bébé, c’est tout de même extraordinaire ce qui se passe là-dedans ! Olena aussi s’achètera un appartement pour elle et sa fille et poursuivra sa carrière dans le domaine de la petite enfance.

Nous lui demandons comment réagit leur entourage quant à cet enfant qu’elle porte pour d’autres, elles répondent la même chose, certains en sont ravis (leurs grand-mères ou leurs enfants), d’autres préfèrent éviter ce sujet de conversation.

malheureusement il y a les remarques blessantes de personnes ignorantes. Mais elles sont ravies, elles vont changer leur vie en l’espace de 9 mois tout en prenant la mesure des risques possibles.

Nous leur demandons comment elles aimeraient être appeler, car gestatrice ou mère porteuse ne leur conviennent pas ! tout en riant Veronica nous dit qu’elle se sent comme une nounou car elle prend soin des enfants qu’on lui a confié sans jamais les considérer comme les siens.

Elles partagent les mêmes doutes que les parents d’intention

Elles aiment notre idée de demander aux parents d’intention de leur adresser une petite présentation d’eux-mêmes parce qu’elles s’inquiètent de savoir qui va élever les enfants qui grandissent en elles. Finalement nous nous rendons compte qu’elles partagent beaucoup de choses avec les parents d’intention, les mêmes doutes, les mêmes inquiétudes et quelque part cela nous rassure et nous motive encore plus à leur donner la place qu’elles doivent avoir dans ce projet si complexe qu’est la gestation pour autrui.

D’ailleurs, elles se questionnent et nous questionnent sur les parents, qui sont-ils, que font-ils dans la vie ?

Elles aiment notre idée de demander aux parents d’intention de leur adresser une petite présentation d’eux-mêmes parce qu’elles s’inquiètent de savoir qui va élever les enfants qui grandissent en elles. Finalement nous nous rendons compte qu’elles partagent beaucoup de choses avec les parents d’intention, les mêmes doutes, les mêmes inquiétudes et quelque part cela nous rassure et nous motive encore plus à leur donner la place qu’elles doivent avoir dans ce projet si complexe qu’est la gestation pour autrui.

Hélène, Alena, Louise, Anya, Daria